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Création de site web

Combien de temps prend vraiment un projet web

Cadrage, design, intégration, recette, mise en ligne : les délais réels par type de site et les trois causes qui font vraiment déraper un planning web.

Par Justin Deboves9 min de lecture

Longue plage vue du ciel, trains de houle parallèles arrivant sur le sable dans la brume du matin

« Il vous faut combien de temps ? » est la première question posée en rendez-vous, et la réponse honnête surprend toujours : cela dépend beaucoup moins du prestataire que de vous. Sur un site vitrine classique, le travail de production représente environ un tiers du calendrier ; le reste est de l’attente, de la décision et de la rédaction. Voici les durées réelles étape par étape, des repères par type de projet, et les trois causes qui font déraper les plannings.

Les six étapes d’un projet, et ce qu’elles prennent

Les chiffres ci-dessous correspondent à un site vitrine de huit à dix pages, mené sans incident, avec un client réactif. Ils sont donnés en jours ouvrés et en part du calendrier total, parce que c’est cette part qui reste stable quand le projet grossit.

ÉtapePart du calendrierDurée typiqueQui tient le stylo
Cadrage et arborescence8 %3 à 5 jours ouvrésLes deux, en 1 à 2 réunions
Contenus et arbitrages éditoriaux35 %2 à 5 semainesLe client, en grande partie
Conception graphique15 %5 à 8 jours ouvrésL’agence, 2 allers-retours
Intégration et développement25 %8 à 12 jours ouvrésL’agence
Recette et corrections12 %5 à 8 jours ouvrésLe client teste, l’agence corrige
Mise en ligne et réglages5 %1 à 2 jours ouvrésL’agence

La ligne la plus intéressante n’est pas la plus longue, c’est la deuxième. Les clients pensent presque toujours que la conception graphique est le goulot d’étranglement : elle représente en réalité un sixième du calendrier, et l’agence la traite en une semaine et demie. Ce qui étire les projets, c’est l’écriture des textes et la validation des arbitrages, deux tâches qui ne se délèguent que partiellement.

Des repères par type de projet

Chaque fourchette suppose une hypothèse de disponibilité côté client. Sans elle, une durée annoncée ne veut rien dire, et c’est précisément ce que la plupart des devis omettent de préciser.

Type de projetDélai réalisteHypothèse de disponibilité
Page unique de présentation1 à 2 semainesTextes et photos déjà prêts
Site vitrine de 5 à 10 pages5 à 8 semainesTextes fournis sous deux semaines, un décideur unique
Site vitrine riche, contenus à produire8 à 14 semainesRédaction et reportage photographique à planifier
Boutique, catalogue restreint (moins de 50 références)8 à 12 semainesFiches produits et visuels fournis, transporteurs choisis
Boutique complète (plusieurs centaines de références, options, comptes clients)12 à 20 semainesCatalogue exportable, gestion des stocks tranchée
Refonte avec reprise de contenus et redirections8 à 16 semainesInventaire des adresses existantes réalisable
Espace client ou application sur mesure10 à 24 semaines pour une première versionPérimètre écrit et arbitré avant démarrage

Deux remarques que ces fourchettes ne montrent pas. D’abord, une refonte n’est jamais plus rapide qu’une création : elle ajoute l’inventaire des adresses, le plan de redirections et la reprise des contenus existants, soit deux à trois semaines de plus. Les étapes d’une refonte réussie détaillent ce surcoût de temps. Ensuite, la question du budget et celle du calendrier ne se répondent pas ensemble : ce que coûte réellement un site professionnel dépend du périmètre, pas de la vitesse.

Les trois causes qui font déraper un planning

Les contenus qui n’arrivent pas

C’est la cause numéro un, et de très loin. Un projet annoncé à six semaines qui en dure vingt-deux n’a presque jamais un problème technique : il attend des textes, des photographies exploitables, un extrait Kbis pour les mentions légales ou un catalogue à jour. La parade tient en une phrase : remettre au démarrage une trame page par page, avec un nombre de signes cible et une date de remise. Et accepter cette règle inconfortable : un texte correct livré à la date prévue vaut mieux qu’un texte parfait livré six semaines plus tard. On le retravaille en recette, quand on le voit en situation.

Les validations diffuses

Cinq personnes donnent leur avis, aucune ne décide, et chaque retour contredit le précédent. Le projet n’avance plus, il oscille. La parade : un interlocuteur unique décisionnaire, des retours regroupés dans un seul document, une seule fois par étape, et un délai de retour de 48 heures annoncé dès le départ. Les avis internes se collectent avant d’être transmis, pas pendant.

Le périmètre qui s’étend

La fameuse petite fonctionnalité ajoutée en cours de route. Prise isolément elle coûte deux jours ; répétée cinq fois elle coûte un mois, et personne ne s’en aperçoit avant la fin. La parade n’est pas de refuser : c’est de tenir un journal des demandes hors périmètre, traitées après la mise en ligne. Une demande notée n’est pas une demande refusée, et le calendrier reste lisible.

Six gestes qui font gagner des semaines

  • Préparer les contenus avant le démarrage. Un dossier partagé avec les textes, les photographies en pleine résolution et les documents légaux, c’est trois semaines gagnées.
  • Désigner un interlocuteur unique décisionnaire. Une personne qui tranche, pas un comité qui commente.
  • Rassembler les accès dès le premier jour. Bureau d’enregistrement du domaine, hébergement, messagerie, console de recherche, statistiques. Ces cinq accès sont recherchés en urgence dans 90 % des projets, toujours au plus mauvais moment.
  • Fournir des photographies exploitables. Les originaux, pas des captures récupérées sur un réseau social. Comptez 2 000 pixels de large au minimum, sinon il faudra reshooter, et un reportage se planifie sur deux à trois semaines.
  • Lister trois sites que vous aimez et trois que vous détestez, en disant pourquoi. Cette liste supprime en moyenne un aller-retour complet de conception graphique.
  • Bloquer à l’avance deux créneaux de validation dans l’agenda, un après la conception, un en recette. Une réunion qui se cherche une date, c’est huit jours perdus.

Recette et mise en ligne : la phase que tout le monde sous-estime

Une recette n’est pas une relecture. C’est le fait de parcourir le site comme un client, pas comme son propriétaire, en essayant de le prendre en défaut. Comptez une demi-journée pour un site vitrine, deux jours pour une boutique, et faites-le à deux personnes.

  • Remplir chaque formulaire et vérifier que le message arrive réellement, y compris dans les indésirables.
  • Tester sur un vrai téléphone, pas en rétrécissant la fenêtre du navigateur.
  • Contrôler les mentions légales, les conditions générales, la politique de confidentialité et le bandeau de consentement.
  • Relire les textes à voix haute : les fautes se voient à l’oreille avant de se voir à l’œil.
  • Sur une boutique, passer une commande complète avec un vrai moyen de paiement, puis la rembourser.
  • Vérifier les points d’accessibilité les plus visibles, contrastes et navigation au clavier. Le référentiel général d’amélioration de l’accessibilité se traite au cadrage, pas la veille du lancement.

Une recette bâclée ne fait pas gagner du temps, elle le déplace : les défauts non vus réapparaissent en incidents dans les six semaines qui suivent. Quant à la date de mise en ligne, elle se choisit : jamais un vendredi à 17 heures, jamais la veille d’un salon, jamais pendant vos congés. Un mardi matin, en début de mois calme, coûte exactement la même chose et évite bien des nuits blanches.

Le cas particulier de l’urgence

« Il me le faut dans trois semaines » est une demande recevable, à condition de savoir ce qui se comprime et ce qui ne se comprime pas.

Se comprime : le nombre de pages, la richesse fonctionnelle, le nombre d’allers-retours de conception, le niveau de personnalisation graphique. Ne se comprime pas : la production de contenu, la recette, la propagation d’une zone DNS lors d’un changement d’hébergement (jusqu’à 24 à 48 heures selon les durées de cache configurées), et la validation d’un compte de paiement en ligne, qui demande couramment 3 à 10 jours ouvrés d’instruction chez le prestataire bancaire.

La bonne réponse à l’urgence n’est donc pas d’accélérer, c’est de sortir par paliers. Une première version courte et sérieuse en deux à trois semaines, trois ou quatre pages écrites correctement, puis un enrichissement chaque mois. Le résultat est en ligne à la date voulue, il fonctionne, et il ne porte pas les cicatrices d’un projet fait dans la précipitation.

Notre position : le projet ne s’arrête pas à la mise en ligne

Les premières semaines après le lancement font partie du projet, et nous les annonçons comme telles. Il y a toujours des ajustements de textes, un suivi de l’indexation à faire dans la console de recherche, une prise en main à accompagner, et les premières mesures d’audience à lire ensemble, en général au bout d’un mois.

Nous préférons ce rythme au cycle classique de la grande refonte tous les cinq ans, qui coûte cher, mobilise tout le monde et produit un site déjà daté à mi-parcours. Un site qui reçoit une amélioration par mois reste jeune indéfiniment, et chaque évolution se décide sur des chiffres plutôt que sur une impression. C’est le principe d’un site qui évolue par petites itérations, et c’est ce que couvrent nos formules de création de site, hébergement et suivi compris.

Les délais annoncés plus haut sont ceux que nous tenons : le déroulé complet est décrit sur la page agence web à Pau.

Le calendrier détaillé d’un projet local figure sur la page création de site internet à Pau.

Questions fréquentes

Peut-on avoir un site en une semaine ?

Oui, s’il s’agit d’une page unique de présentation et que les textes et les photographies existent déjà. Non pour un site complet : la seule phase de recette sérieuse demande plusieurs jours, et elle n’est pas compressible.

Pourquoi mon précédent projet a-t-il duré un an ?

Presque toujours à cause des contenus non fournis et des validations sans décideur unique, rarement à cause de la technique. Reprenez l’historique des échanges : les périodes de silence dépassent souvent les périodes de production.

La refonte est-elle plus rapide qu’une création ?

Non, elle est plus longue à périmètre égal. Elle ajoute l’inventaire des adresses existantes, le plan de redirections permanentes et la reprise des contenus, soit deux à trois semaines supplémentaires.

Quand faut-il commencer à écrire les textes ?

Avant la conception graphique, dès le cadrage. Une maquette construite sur du faux texte se refait systématiquement quand le vrai contenu arrive, parce que les longueurs réelles ne correspondent jamais.

Ce qu’il faut retenir

Un projet web ne prend pas le temps qu’il coûte, il prend le temps que met le client à décider. Préparez vos contenus, nommez un décideur, réservez vos créneaux de validation : ces trois gestes valent plusieurs semaines. La prochaine étape utile tient en une réunion d’une heure pour cadrer votre calendrier, avec des dates posées avant tout engagement.

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